« On ne change jamais les choses en combattant la réalité existante. Pour changer quelque chose, construisez un nouveau modèle qui rendra l’ancien obsolète. »
Cette citation, généralement attribuée à Richard Buckminster Fuller, résume remarquablement bien le défi qui nous attend. Inventeur, architecte et penseur américain, Fuller a notamment conçu le Pavillon des États-Unis pour l’Exposition universelle de 1967 à Montréal. Son immense dôme géodésique est aujourd’hui devenu la Biosphère, l’un des monuments emblématiques de Montréal.
Plusieurs décennies avant que le développement durable, la finance durable et la croissance verte occupent le centre du discours économique, Fuller proposait déjà une autre logique : lorsqu’un système atteint ses limites, la transformation passe par la construction d’un modèle capable de mieux répondre aux nouvelles réalités.
C’est précisément là où nous en sommes. Notre système économique a été conçu dans un monde où l’énergie et les ressources naturelles étaient relativement abondantes et peu coûteuses. Depuis plusieurs décennies, des tendances lourdes énergétiques, matérielles, démographiques, géopolitiques, économiques et écologiques transforment progressivement les conditions dans lesquelles les entreprises et les territoires peuvent se développer. La pandémie a rendu plusieurs de ces transformations beaucoup plus visibles, et leur influence continuera de s’intensifier d’ici 2040.
C’est pour cette raison que nous donnons chaque année des dizaines de conférences partout au Québec sur la prospective, les tendances lourdes et la métacrise. Les modèles mentaux hérités du siècle dernier continuent pourtant d’orienter une grande partie de nos décisions, ce qui alimente un développement que nous qualifions de zombie : des projets, des entreprises et des infrastructures conçus pour un monde en voie de disparition.
Les dernières années nous ont déjà donné plusieurs exemples d’investissements publics majeurs incapables de livrer les résultats annoncés. D’autres projets risquent maintenant de devenir les éléphants blancs de demain lorsque leurs hypothèses économiques, énergétiques ou matérielles reposent encore sur les conditions du passé.
La prochaine étape consiste à cocréer progressivement de nouveaux modèles économiques capables de répondre aux besoins essentiels avec moins de ressources et dans un environnement soumis à davantage de contraintes biophysiques. La technologie fera partie des solutions, mais elle devra elle aussi composer avec l’énergie, les matières et les limites physiques du monde réel.
C’est ce qui anime l’équipe de Coboom. Nous explorons, développons et expérimentons de nouveaux modèles afin de bâtir des entreprises et des territoires plus robustes, capables d’évoluer dans un XXIe siècle profondément transformé par les tendances lourdes.
Buckminster Fuller avait compris quelque chose d’essentiel : les grandes transformations commencent lorsque nous cessons de perfectionner les modèles du passé et que nous construisons ceux dont le futur aura besoin.




