Connaissez-vous les secteurs d’activités économiques, les produits ou les services que nous pouvons qualifier de « Zombies » ?
Chaque semaine, nous échangeons avec des chef·fe·s d’entreprise, des représentant·e·s de ministères et des responsables du développement économique partout au Québec. Tous cherchent à faire croître l’activité économique, mais peu identifient clairement les secteurs, produits ou services « Zombies ».
Par ce terme, nous désignons ceux qui semblent encore viables aujourd’hui, mais dont la disparition ou la décroissance paraît inévitable d’ici 2040. Ce sont, en quelque sorte, les forgerons du XXIe siècle : encore présents, mais engagés sur une trajectoire de déclin.
Pour les dirigeant·e·s d’entreprise comme pour les décideur·e·s gouvernementaux, anticiper les futurs possibles devient essentiel. Sans cette lecture, nous risquons d’investir du temps, de l’argent et de l’énergie dans des projets morts-nés, comme celui de Northvolt sur lequel nous reviendrons, ou dans des projets voués à perdre leur pertinence à moyen ou long terme.
Développer une entreprise ou un territoire dans une économie en forte croissance, comme dans les années 1960, n’a rien à voir avec le faire dans le contexte actuel de croissance anémique et d’instabilité structurelle. Depuis plusieurs années, la croissance canadienne dépasse rarement 1,5 %, ce qui témoigne d’un ralentissement profond et durable.
Nous vivons un bouleversement systémique dans lequel les crises se superposent et s’alimentent mutuellement. Cette métacrise économique, sociale, environnementale, géopolitique et technologique remet en question plusieurs fondements de nos modèles de développement.
Prenons le secteur automobile. Même s’il a occupé une place centrale dans notre histoire économique, il pourrait connaître une décroissance importante d’ici 2040. Saturation du marché, vieillissement de la population, urbanisation accrue, coûts d’acquisition et d’entretien élevés, raréfaction de certaines ressources métalliques et conflits d’usage ne sont que quelques-uns des facteurs à considérer. Ces signaux sont connus de plusieurs grands manufacturiers, mais demeurent encore largement absents du débat public.
Construire de nouvelles usines de batteries en misant sur une croissance continue de ce secteur relève davantage d’un pari sur la continuité que d’une véritable stratégie prospective. Le passé ne garantit plus le futur, particulièrement dans un contexte de métacrise.
Nous pourrions multiplier les exemples, mais nous préférons vous lire. Quels secteurs économiques, produits ou services vous semblent déjà « Zombies » ou susceptibles de le devenir d’ici 2040 ?




