17 janvier 2022

Une décennie cruciale pour votre entreprise et la société

Le Plan pour une économie verte 2030 du Québec (PEV 2030 – https://www.quebec.ca/gouv/politiques-orientations/plan-economie-verte ) propose des moyens pour réduire nos émissions de CO2 de 37,5% d’ici 2030 par rapport au niveau de 1990. L’objectif est de ralentir le dérèglement climatique causé par les activités humaines. Ce plan se veut une première étape avant d’atteindre la neutralité carbone complète pour 2050.

Pour ce faire, le Québec devra complètement éliminer les émissions de CO2 produites par notre utilisation des énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon). Ces énergies fossiles sont la cause première du dérèglement climatique. C’est un immense défi sachant que les énergies fossiles alimentent à 55% le moteur de l’activité économique au Québec.

 

Toutefois, les résultats concrets se font grandement attendre. Pour la troisième année consécutive, les émissions de CO2 du Québec ont encore augmenté. C’est une preuve de plus que les promesses de nos politiciens et des économistes d’une croissance verte et d’un développement durable sont des rêves de licorne. Le climat est régi par les lois de la physique. Le climat ignore les lois des hommes et des marchés financiers. Malheureusement, la presque totalité des acteurs politiques et économiques n’a pas les connaissances scientifiques minimales pour comprendre et adresser sérieusement les catastrophes écologiques en cours. À ce sujet, je vous invite à visionner la superproduction « Don’t Look Up » avec Leonardo DiCaprio et Meryl Streep, sortie la veille de Noël sur Netflix. Ce film est une parodie du dérèglement climatique et de l’absurde réponse des acteurs politiques et économiques. Selon plusieurs climatologues de renommée internationale, le film sous-estime la situation réelle. 

Par ailleurs, le dérèglement climatique n’est pas la seule catastrophe écologique en cours. On doit aussi prendre en compte :

  • la forte érosion de la biodiversité. La population globale de vertébrés (mammifères, oiseaux, poissons, amphibiens, reptiles) a diminué de 68% en 46 ans, soit de 1970 à 2016. La 6e extinction de masse est en cours. 
  • le dépassement des limites biogéochimiques de la Terre
  • l’artificialisation des sols
  • la surexploitation des ressources renouvelables
  • l’épuisement des ressources non renouvelables.

Par exemple, la demande pour certains métaux paraît appelée à dépasser ce que l’industrie minière pourra fournir à un coût acceptable dans un avenir prévisible. Il existe aussi des conflits d’usage des territoires (exploitation forestière et tourisme, activités portuaires et accès à l’eau…) entre la population, l’économie et la nature qui ne pourront pas être résolus par des moyens technologiques.

 

Pour toutes ces raisons, une approche qui tente de prolonger le Business as Usual en misant sur la croissance continue et faussement verte de l’activité économique et des infrastructures et, simultanément, sur de timides tentatives de diminuer leurs externalités négatives, a démontré sa totale inefficacité, et ce, en dépit tous les engagements pris et répétés par la majorité des pays lors des vingt-cinq conférences internationales sur le climat organisées par l’ONU depuis 1992.

Le dernier rapport du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) publié en août 2021  lance un signal d’alarme sans équivoque sur l’urgence de repenser nos façons de penser et de faire. Le moment est venu de dépasser les simples questionnements sur les moyens mis en œuvre pour créer de l’activité économique et de s’interroger sur leur pertinence elle-même, puis de mettre fin à ce qui ne se concilie pas dans un délai raisonnable avec les limites planétaires, que ce soit le budget carbone ou les autres limites écologiques.

 

Chaque année, les consultant·e·s de Coboom analysent la stratégie, le modèle d’affaires et les états financiers de dizaines d’entreprises québécoises. Depuis quelques années, nous constatons une fragilisation desdits modèles d’affaires dans une société davantage VICA (volatile, incertaine, complexe et ambiguë). Nous observons aussi une augmentation du stress, de l’anxiété et du surmenage chez les chef·fe·s d’entreprise et leurs employé·e·s. Depuis quelques mois, des chef·fe·s d’entreprise s’ouvrent sur leurs craintes face à l’état de leur entreprise, de leurs employé·e·s et de la planète.

Basée sur nos analyses empiriques, nous émettons l’hypothèse que les entreprises et les humains qui les composent peineront grandement, et plusieurs refuseront, dans cette troisième décennie du XXIe siècle à soutenir les exigences de croissance économique et de productivisme, et ce, dans un contexte où les catastrophes écologiques générées par les activités humaines sont de plus en plus perceptibles.

C’est dans ce contexte que Coboom a créé avec HEC Montréal la bourse Coboom Décroissance  dont l’objectif est de soutenir le développement des connaissances qui permettront aux territoires et aux entreprises de contribuer au bien commun et non aux catastrophes écologiques en cours afin de laisser un futur désirable et soutenable à nos enfants et petits-enfants.

Les limites planétaires et les catastrophes écologiques en cours ne sont ni une croyance, ni une opinion, ni une idéologie politique ou économique. Refuser les faits scientifiques est de moins en moins tenable.

Ne rien faire aujourd’hui, c’est voler à nos enfants et petits-enfants le futur auquel ils ont droit

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