21 février 2023

Comment la préservation du climat et de la biodiversité affectera votre organisation ?

COP15 VS COP27

Pourquoi l’une est à 15 tandis que l’autre est à 27 ? Comment se fait-il que nous n’ayons tout simplement pas qu’une seule COP ?

Pour répondre à ces questions, il faut remonter quelques décennies en arrière, au premier Sommet de la Terre à Rio de Janeiro en juin 1992. À la fin de ce premier rassemblement sur les enjeux planétaires, deux “Conference of the Parties” (COP) sont créées. Une première qui s’attarde sur les enjeux du changement climatique, se tenant chaque année,  tandis que l’autre, se déroulant tous les deux ans, a pour but la sauvegarde de la nature et de la biodiversité. Ceci explique pourquoi nous sommes rendus à la vingt-septième conférence sur les enjeux du changement climatique mais seulement à la quinzième conférence sur la sauvegarde de la nature et de la biodiversité.

Malheureusement, il y a une différence de popularité entre les deux COP. En effet, plus de 45 000 délégués ont participé à la COP27 dont 110 chefs d’État. Un mois plus tard, environ 20 000 délégués ont convergé vers Montréal pour la COP15, tandis que Justin Trudeau et François Legault furent les seuls d’État à y prendre part.

Tentons maintenant de comprendre ces différences !

La COP15

Les ambitions de la COP15 était simple : sceller un accord sur la biodiversité aussi historique que celui du climat négocié en 2015 à Paris. En effet, cela faisait 12 ans que les objectifs concernant la préservation de la biodiversité n’avaient pas été révisés.

Les principaux enjeux planétaires discutés lors de la session de Montréal : 

  • l’invasion des espèces exotiques 
  • l‘extinction de masse 
  • la protection de la biodiversité 
  • la réduction des subventions versées aux énergies fossiles
  • la préservation des milieux terrestres et marins 

À la suite de 12 jours de discussions et de négociations, plusieurs accords majeurs ont été signés. Dans un premier temps, il a été conclu que d’ici 2030, au moins 30 % des zones terrestres, des eaux intérieures et des zones côtières et marines seraient efficacement conservées et gérées.

Ensuite, grâce à plusieurs longues négociations entre les hémisphères Nord et Sud, les pays riches vont dorénavant fournir « au moins 20 milliards de dollars par an d’ici à 2025, et au moins 30 milliards de dollars par an d’ici à 2030 » dans le but d’aider les pays en développement. Cet accord, pourtant conséquent, est cependant loin de ce qu’espéraient le Brésil et quelques autres pays du Sud. En effet, soutenu par 22 pays dont l’Argentine, l’Afrique du Sud, le Cameroun et l’Indonésie, le Brésil demandait à l’origine que les États riches fournissent “au moins 100 milliards de dollars par an jusqu’en 2030” aux pays en développement.

Les délégués se sont aussi  engagés à réduire les risques de pollution et les impacts négatifs que cela entraîne, d’ici à 2030, à des niveaux qui ne sont pas nuisibles à la biodiversité. Plus largement, ils se sont entendus pour réduire d’au moins de moitié le risque global lié aux pesticides et aux produits chimiques hautement dangereux.

Enfin, les délégués ont adopté la mise en place d’un cadre pour la mise en œuvre d’un mécanisme de planification et de suivi commun avec des indicateurs précis. Une éventuelle révision des stratégies nationales, si les pays ne sont pas sur la bonne trajectoire, a aussi été actée.

La COP15 devait initialement se tenir en Chine. Toutefois à quelques mois de l’échéance, la Chine n’avait lancé aucune invitation et a renoncé à organiser le sommet sur son territoire pour cause de COVID-19. La COP15 a été scindée en 2 sessions, une première session en distanciel à l’automne 2021 et une deuxième session en présentiel à Montréal en décembre 2022. La tenue de cette session à Montréal a permis de mettre en lumière l’engagement du Canada dans la lutte pour la sauvegarde de la nature et de la biodiversité.

La COP27

En novembre 2022, plus de 45 000 délégués se sont réunis en Égypte pour discuter des enjeux planétaires :

  • l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre 
  • l’adaptation aux conséquences du changement climatique
  • le financement des pertes et dommages liés au changement climatique
  • la lutte à l’éco-blanchissage (Greenwashing) et les promesses non-tenues de plusieurs pays.

Pour comprendre ce qu’il sait passé lors de la COP27 en 2022, il faut remonter le temps d’une année. Lors de la COP 26, les pays s’étaient entendus pour limiter le réchauffement de la planète en dessous de 1,5 °C. Chaque pays avait 12 mois pour définir un plan de redressement s’il ne respectait pas cet engagement. La COP 26 était donc basée sur l’objectif à respecter tandis que la COP27 était basée sur les moyens pour atteindre cet objectif. 

 

La COP27 a laissé un goût amer dans la bouche de la majorité des délégués et scientifiques. Aucun accord majeur n’en ressort et la lutte contre le changement climatique a peu évolué depuis l’accord de Paris en 2015. La COP 28 qui se tiendra à l’automne 2023 aux Émirats arabes unis s’annonce déjà comme une immense farce aux yeux des scientifiques du monde entier car elle sera présidée par le PDG de la compagnie pétrolière nationale émiratie. C’est comme nommer un pyroman pour présider un congrès sur la prévention des incendies. Coboom propose de renommer les COP (Conference of the Parties) pour Conference of Petroleum

Quels sont les impacts pour nos organisations québécoises ?

Les COP rappellent que tôt ou tard, nos gouvernements devront agir avec beaucoup plus de détermination, et malheureusement dans l’urgence, pour adresser les enjeux de préservation de la vie sur Terre. Avec le non-respect des engagements pris lors des COP et avec les problèmes écologiques de plus en plus ressentis par la population, nos gouvernements n’auront pas le choix d’imposer des restrictions pour plusieurs activités, produits et services contribuant à la perte de biodiversité et aux émissions de gaz à effet de serre. La majorité des organisations québécoises seront touchées de près ou de loin par ces restrictions.

Comment allez-vous préparer votre organisation à ces changements ? Allez-vous les planifier ou les subir ? Serez-vous un·e leader·euse du XXIe siècle ou un·e suiveur·euse ? Partagez-nous vos réponses à ces questions !

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